Le vieux philosophe de V3C

 

Un vieux cycliste de V3C quelque peu aguerri,

Vint sottement distancer Adam, un jeune Dandy,

Un de ces freluquets un tantinet pédant,

Qu'il ne connaissait ni de selle, ni des gants.

Un peu vexé, Adam voulut le rattraper,

Mais de ses compétences, rien il ne savait,

Surtout que le «Menteur» était dentiste avant,

Et qu'en bon arracheur, il savait jouer des dents.

«Puis-je rouler avec toi, pour crever l'abcès?»

«Bien sûr jeune mordu, je ne suis pas pressé!»

«Où vas-tu de cette cadence incisive?»

«A Carry, voir une exposition canine.»

Route faisant, les deux sportifs ouvrent mémoire,

L'un palabre, quand l'autre serre mâchoires.

«Tu devrais mieux t’entraîner» lance le vieillard.

«Mais je m'y emploie souvent» répond le fringant.

Adam allait se prendre une récidive:

«Pas assez, gringalet!» et toc dans les gencives.

«Tu n'es pas très fort et tu parles beaucoup trop,

Pense à ta respiration et oublie les propos.

Je suis certes un vieux monsieur, un pale tribun,

Mais ne te complais pas du dehors de chacun.

Tous les mots de ta bouche, garde les dedans,

Et si tu crois me niquer, tu te brosses Adam!»

 

JMT

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Du Racine et des Ailes

 

DU RACINE ET DES AILES

 

Dans un épais brouillard, les voilà partis pour la mer,

Redécouvrir dans le froid les cathédrales de Berre.

Puis la brume s’estompe autour de leurs vélos,
Laissant se dévoiler les volutes acres des brûlots.

Et là, devant eux, en gentils éclaireurs,

Comme par magie, quelques « cygnes avant coureurs »

Chez eux, la belle poésie fait « l’oie »,

Avec une chair de « poule » à laisser pantois.

Sans « prise de Bec », envers ses comparses,

Évitant d’être le « dindon » de la farce,

En « des pies » des kilomètres restant à rouler,

D’un simple « cygne », Loys les pria de stopper.

Jalousant le balai des « canards » en rut,

Eux, en « gars bien » se taisent et s’exécutent.

Nos « cols verts » apprécient, heureux et contents,

Ces images, les meilleures de tous « les temps ».

Retour hâtif à midi, à fondre le bitume,

Évitant que leurs femmes leur volent dans les « plumes ».

Et que vont-ils manger ?

Un bon « poulet » grillé.

Et je « cygne »

Jean de la Fontaine de Berre

 

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Allez les "verres"!

 

Allez les « VERRES » !

 

Pour une belle paella, ils sont tous venus,
Habillés, ce jour, de civiles tenues,

À ne plus vraiment les reconnaître,

Tant ils respirent le bien-être.

Aujourd’hui, loin des douloureux kilomètres,

Ce sont gorgeons qu’ils vont, dans le gosier, se mettre.

 

Les moins « bons » en vélo, à la pétanque, excellent.

Quand les grimpeurs contre l’adversité chancellent.

Mais jeudi, certains vont s’en payer une tranche

Et contre la « malchance » prendre leur revanche.

 

Le beau Jeannot, comme sur toutes nos routes,

Se « pointe » à gauche pour une cuisante déroute.

Et certains intelligents préfèrent regarder,

Plutôt que de se faire un peu chahuter.

 

Monsieur le Président a un petit mot pour chacun,

Et en bon leader de peloton, il n’oublie dégun.

Demain, ils vont tous reprendre de retraités, le boulot,

Retrouver le goût du potage et celui… de l’eau.

En ce jour béni, à se mettre à l’envers,

 

Merci V3C, et pour l’Henri : ‘Allez les verres ».

 

Jean Massa Trucat

7 octobre 2017

 

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Paniqués !*

 

Ce sont treize courageux qui sortent dérouiller gambettes,
Un jeudi matin brumeux, sur leurs belles bicyclettes.
Loin d’être des novices, ni vraiment des vedettes,
Ils partent aujourd’hui, un peu à l’aveuglette.

 

Pour une fois, peu banal, ils n’en font qu’à leur tête,

Pas de parcours précis et rigueur aux oubliettes.
Si bien qu’entre travailleurs pressés, dans leurs puantes charrettes,
Ils en perdent un, puis deux, puis trois… la boulette !

 

Ces vieux pédaleurs n’ont pas langue dans la musette,
Et vont déverser venin du fond de leur braguette :
« faut rouler le mercredi » « mon lit, je regrette »
« faut partir plus tard ! » « ‘j’en ai plein les chaussettes ! »

 

Et la sortie devient vite une visite guidée en goguette,
Parmi zones industrielles, où tout le monde rouspète.
Un départ peu commun sans concession, ni courbette,
Avant, qu’enfin, ils puissent pédaler comme des bêtes.

 

Heureusement, juste le plaisir restera dans les gazettes
Et notre souriant leader « en rit » encore… en cachette !
Pour faire le plein ainsi de joie et de fête,
Monsieur le Président, merci, car c’est toi « qui quêtes » !

 

  

Jean de la Fontaine de Fuveau

(1949- non connue à ce jour)

  

*En un seul mot

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à jeannot l'alpin

 

Maître Jeannot de Calas, fougueux pédaleur,

Ne manquait ni de témérité, ni d’ardeur.

Quand ses amis, encore véloces, le titillaient,

Ce cycliste avéré, au jeu, savait briller.

Un jour, il voulut montrer sa différence,

Et à la troupe, tira sa révérence.

Jeannot, pour, loin de la farce, être le dindon,

Profita d’un replat pour lâcher peloton.

Deux, trois, quatre, puis cinq minutes d’avance,

Le bougre venait de prendre l’ascendance.

Les dents serrées et la tête dans le guidon,

Il largua en un clin d’œil ses vieux compagnons.

Devant, il pédalait, un sourire coquin.

Il venait de « niquer » ses fidèles copains.

Quand, à l’arrivée d’un rond-point très fréquenté,

Il ne sut pas, hélas quelle route emprunter,

Et adopta, après moult hésitations,

Malheureusement, la mauvaise direction.

Le pauvre mécano, ce pauvre zébulon,

Allait, bien malgré lui, passer pour un « couillon ».

Vouloir gagner, c’est bien, et même louable,

Mais Jeannot, retiens morale de ma fable :

« Qui veut espérer, premier un jour arriver,

Doit au départ, du parcours savoir s’inquiéter ! »

« Jean de la Septèmes »

(1621-1695)


  

 

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